recyclage vs surcyclage: la différence qui change tout pour le textile

En majorité, le recyclage est perçu comme LA solution pour donner une seconde vie à nos ressources. Pourtant, le modèle d’économie circulaire regroupe 12 stratégies distinctes, et le recyclage n’est que l’une d’entre elles.

Ces stratégies visent d’abord à réduire la quantité de ressources vierges consommées, puis à optimiser l’usage des produits en allongeant leur durée de vie pour finalement, donner une nouvelle vie.

C’est dans cette dernière catégorie que se glisse la stratégie au coeur de Charlie: la valorisation, et plus précisément le surcyclage.

Mais au juste, c’est quoi le surcyclage? Et en quoi cela diffère du recyclage?

Le recyclage : déconstruire pour reconstruire

Le recyclage, c’est décomposer une matière pour la ramener à son état brut et refabriquer quelque chose de nouveau. Dans l’industrie textile, il y a l’exemple suivant: des textiles usés sont réduits en fibres pour fabriquer un nouveau matériau, utile ensuite pour produire de l’isolant, du rembourrage, du feutre industriel. Efficace.

Mais dans ce processus, la matière perd de sa valeur. On peut ainsi parler de downcycling. Autre exemple, un coton tissé à la main qui se transforme en ouate. La matière circule et trouve une nouvelle forme, mais celle-ci a été dégradée.

Et le résultat du recyclage textile reste marginal, au Québec c’est près de 344 000 tonnes de textiles qui ont été enfouies en 2023, soit 9 fois plus que les 38 000 tonnes de textiles récupérées dans la province (Bilan GMR 2023, RECYC-Québec).

Le surcyclage : créer plus de valeur avec l’existant

Le surcyclage (ou upcycling en anglais) vise à donner aux produits, aux composants et aux ressources une qualité ou une valeur supérieure à leur usage précédent. C’est donc l’inverse du downcycling. La matière est valorisée, pas dégradée.

Un drap usé ne devient pas une fibre broyée mais plutôt un sac. Un objet unique, pensé, construit. C’est l’art de revaloriser.

Cette phrase fait alors tout son sens« Ton indésirable devient notre matière première. »

Un jeans troué, une nappe tâchée, des rideaux abîmés, tous peuvent être transformés en sacs réversibles, en pochettes à livres, ou en accessoires uniques et durables. Aucune matière vierge. Un processus simple de transformation, de créativité et de savoir-faire local. C’est un beau défi!

Pourquoi ça change tout pour l’industrie textile?

Au Québec, c’est une hausse de 19% des textiles envoyés à l’enfouissement en 2023, par rapport à 2021 (Bilan GMR 2023, RECYC-Québec). La quantité de textile enfouis a plus que doublé en 10 ans au Québec.

Pourtant, derrière ces quantités monstres, se cache un fort potentiel de réparation, réutilisation et de revalorisation. Plutôt que de voir ces ressources comme des déchets, il faudrait collectivement repenser leur utilité.

Le surcyclage c’est une solution viable pour transformer la production dans l’industrie textile. C’est une méthode de normalisation de la transformation. C’est rendre hommage à nos ressources, à nos matières et à notre savoir-faire.

La revalorisation est une opportunité économique local. L'économie circulaire privilégie les boucles courtes, locales, où le déchet de l'un devient la ressource de l'autre. Dans notre cas : ton tissu abîmé devient notre prochaine création. C’est une option pour garder la valeur au Québec et mettre de l’avant les créateurs et créatrices locaux.

Chez Charlie, le surcyclage c’est concret

Chaque création Charlie raconte une histoire. Et c’est avec cette idée que la revalorisation textile fonctionne main dans la main avec l’écologie industrielle (concept formalisé dans les 12 stratégies de circularité et qui repose sur une logique que la nature pratique depuis des milliards d'années, rien ne se perd, tout se transforme, tout circule). Le déchet ou surplus de l’un devient la ressource d’un autre.

Chez Charlie, c’est notre quotidien. La communauté et la collaboration sont la force de ces synergies: les surplus de tissu d'une entreprise locale qui ferme son atelier deviennent notre prochaine collection. Les textiles domestiques, tels que les nappes, draps, rideaux, que les ménages envoient à l’enfouissement (135 000 tonnes enfouies en 2023 au Québec, soit la plus grande catégorie de textiles éliminés au Québec ) deviennent nos matières premières. Le déchet d'un secteur alimente la création d'un autre.

La boucle se ferme, localement, à Montréal.

C'est ça, la symbiose. Pas dans une grande usine. Pas dans un rapport gouvernemental mais dans un petit atelier à Chabanel, avec une machine à coudre et des caisses de tissus.

Et si toi aussi tu as des tissus abîmés qui dorment quelque part — des draps, un vieux jean, des rideaux — contacte-nous. Ton indésirable peut devenir notre prochaine création unique.

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